Nouveau roman : nom à définir

Chapitre 1

Il était une fois dans une famille dont le père s'était barré, dont la mère vivait dans la clandestinité (une erreur de jeunesse à ce qu'il parait), dont la sœur aînée s'était barrée chez son copain (mais revenait de temps en temps chez sa mère pour demander des sous) et dont la sœur cadette essayait d'être "rebelle". Cette fille était une jolie blonde aux yeux gris qui en avait marre de sa famille de dingues.

*

Donc, ce matin, premier jour des vacances d'été : je me suis réveillée à sept heures (j'avais oublié d'éteindre le réveil). C'était un matin comme les autres, ma mère avait fait la nouba toute la nuit et la maison était en plan. Alors, petit tour du regard dans le salon (pour retrouver ma mère si elle a dormi ici).

  • M'man ? ai-je demandé en faisant le tour du salon (si on peut encore appeler ça un salon parce que on aurait dit un chantier en construction, mais passons).

J'ai entendu un bruit qui ressemblait à un gargouillement et passablement à la voix de ma mère.

  • Scarlet, c'est toi ? a fait Maman.

J'ai essayé de voir d'où venait la voix sans trop m'aventurer dans cette jungle de canettes de bières et de boites de pizzas.

  • Non, c'est Ludmila, ai-je marmonné. Scarlet est chez son copain, je te rappelle.

Là, ma mère s'est subitement levée. Elle m'a regardé en fronçant les sourcils et elle a semblé réfléchir à qui j'étais.

  • Ah, c'est toi, elle a dit d'une voix indécise.

  • Oui, c'est bien moi. Ludmila, ta deuxième fille.

Elle a fait un autre bruit avec la gorge et a semblé capter que j'étais sa fille. Oui, sa fille qui était la cause de tous les malheurs de la famille comme ma sœur me l'a toujours rabâché. Ma mère ne m'aime pas. A côté de Scarlet, je suis du pipi de chat. Scarlet, elle c'est Jésus mais en fille. Tout ce qu'elle fait, c'est bien. Même le jour où elle a dit qu'elle se barrait mais qu'elle voulait de l'argent de poche tous les mois, ma mère a accepté. Pis, une fois qu'elle a compris que Scarlet ne reviendrait plus, elle a vraiment pleuré. Mais elle a pas insisté pour que sa fille préférée lui rende visite pour une autre raison que le besoin de sous... Enfin voilà, juste pour vous dire.

Donc ma mère s'est gratté l'arrière du crâne puis s'est extirpé du sofa.

  • J'ai un affreux de mal de crâne. Ah ! C'est quoi ça ?

  • Ça s'appelle du vomi et je crois que c'est le tien, je lui ai répondu.

  • Bordel, j'ai marché dessus ! Merde de merde, Ludmila, va me chercher la serpillère.

Ma mère, premièrement, ne peut pas parler sans dire des gros-mots (excusez du peu), deuxièmement, a cru que j'étais la Cucendron de service. Alors, en gentille fille que j'étais, je suis allée chercher la serpillière, que voulez-vous que je fasse d'autre ?

Je lui ai apporté en tendant le bras pour lui passer et en utilisant l'autre main pour me pincer le nez. Ma mère s'est avancée et a mis du vomi partout.

  • Maman ! je me suis exclamée. Tu peux pas faire attention ?

  • Gnn ? elle a dit. Merde, tu nettoieras !

Et elle a continué son chemin.

  • Tu vas où ? je lui ai demandé. Parfois, on a l'impression que c'est moi la mère !

  • Sauf que c'est l'inverse. Je suis crevée, je vais me coucher.

  • Et est-ce que ça veut dire que je dois faire le salon ?

Elle m'a regardée d'un air du genre Tu ne comprends rien. .

  • A ton avis ? elle a dit en s'en allant.

  • Maman, je te signale que j'ai une vie et que je ne vais pas la passer à nettoyer ta merde.

Clac ! Celle-là, je l'avais pas vu venir. Ma joue cuit encore, d'ailleurs.

  • Primo, tu parles bien, secundo je suis ta mère donc tu es censée m'obéir.

  • Obéir ne signifie pas se faire maltraiter !

  • Va dans ta chambre !

  • Bonne idée, j'aurais pas à supporter ta tête de camée !

  • Tais-toi ! Je te rappelle que tout ça est de ta faute ! Si tu n'étais pas née, ton père ne nous aurait pas quittés et ta sœur serait encore ici !

  • Fallait réfléchir avant de coucher avec lui !

Clac ! Là, je crois que c'était mérité. Bouillonnante de rage, ma mère se tient encore la main. Je retiens mes larmes et le peu de dignité qu'il me reste en sortant la tête haute.

J'ouvre la porté d'entrée et la claque le plus fort possible. Dans la maison d'en face, je vois les rideaux bouger et une tête qui me regarde. Je lui fais un doigt et il me répond aussi poliment.

Je m'assoie sur les marches, prend ma tête entre les mains et me rend compte que je suis encore en pyjama (qui se trouve être un t-shirt délavé avec un vieux jogging rose). Et que le mec à la fenêtre à l'air de rigoler. Et aussi que j'ai claqué la porte en sortant, ce qui veut dire que je suis enfermée dehors. Ça ne pouvait pas être pire. Sauf que, le voisin d'en face se trouve être quelqu'un de mon lycée et qu'il vient d'ouvrir la fenêtre pour me prendre en photo.

  • Tu veux un autographe aussi ?!? Ça t'amuses de prendre les gens en photo ?! Tu es qui pour faire ça ?! Mec, t'as de la chance d'être en sécurité dans ta maison, sinon je te jure que je t'aurais défoncé ! ai-je gueulé avec un assortiment d'insultes made in maman.

Illico presto, le type a fermé sa fenêtre, tiré ses rideaux et a disparu.

Je me suis rassise sur le perron et j'ai attendu que ma mère daigne venir m'ouvrir.

 

***

 

Je sursautai quand on toqua à a porte.

  • Encore en train d'écrire votre roman, mademoiselle Kriss ?

  • Quand tu toque, Laurette, attends que je te dise d'entrer, sinon, ça ne sert à rien de toquer.

  • Je vous ai apporté une limonade sucrée comme vous les aimez, mademoiselle.

  • Pose les là, répondais-je à Laurette, ma servante attribuée.

Car oui, j'ai une servante, et non je ne mène pas du tout la vie de Ludmila. En vérité, ma mère est une femme stricte et vieux-jeu, mon père, lui, n'est jamais là mais je le connais. Il est e voyage d'affaire, à ce qu'on dit.

  • Voilà. Tu peux partir, Laurette.

  • Voulez-vous que je jette un coup d'oeil à votre récit afin d'apporter un correction, mademoiselle ?

  • Ca ira. Merci.

 

 

Chapitre 2

  • Mila ? a fait une voix masculine.

J'ai levé la tête. Un grand type brun me regardait.

  • Tu es Mila ? m'a redemandé le type.

  • Non, je suis le pape, j'ai répondu.

Le type a souri. Puis il a repris son air de chien battu.

  • Je suis Davy, le copain de Scarlet, s'est-il présenté.

  • Lequel ?

  • Ben, je suis son petit ami, a t-il précisé en fronçant son mono sourcil.

  • Merci, je sais ce que c'est, un copain. Je voulais dire le combientième ?

  • Euh...

  • D'accord, mais encore ?

Davy avec sa chemise à carreaux s'est mis à bégayer. On est bien avancés, ma sœur sort avec un débile.

  • Bon, je rigole. Qu'est-ce que tu veux ?

Scarlet a disparu il y a quelques jours et je me suis dit qu'elle était peut-être rentrée chez sa mère.

Ah bon, elle a dû en avoir marre de vivre avec un abruti pareil, ai-je pensé.

  • Elle n'est pas ici ? m'a t-il demandé.

  • Si elle a disparu il y a un moment, c'est que maintenant que tu viens la chercher ?

  • Mais... On s'était disputé et je croyais qu'elle me boudait...

  • Bien sûr ! Tu as quel age (… pour être aussi bête, ai-je terminé mentalement) ?

  • Euh, ben j'ai vingt-et un ans pourquoi ?

  • Tu es sûr que vous sortez ensemble ?

  • Et bah...

  • Tu peux arrêter de faire tes onomatopées, on dirait un idiot.

  • Un idiot ? Je ne...

  • Oui un idiot. Bon, c'est pas tout ça mais je dois rentrer, ai-je terminé en me levant.

J'ai forcé quelques secondes sur la poignée et je me suis retournée.

  • Quoi ? Tu peux partir.

  • Tu ne peux plus rentrer chez toi ?

  • Non, je suis dehors en pyjama juste pour le plaisir !

  • Il y a quelqu'un chez toi ? J'ai mon portable, pour téléphoner, a t-il proposé en mimant le geste.

  • Je... .

J'ai levé la tête d'un air hautain et ai refusé.

  • Bon, tant pis, m'a t-il dit en s'en allant.

  • Euh... Dav... vy ? ai-je appelé.

Il s'est retourné en arborant un sourire de mec fier. Il n'y pas de quoi en être fier, abruti.

Il m'a passé son téléphone.

  • Non. Tu ne peux pas m'emmener chez une amie ? ai-je demandé.

Il a d'abord bégayé avant de se reprendre.

  • Monte, m'a t-il ordonné en ouvrant la portière de sa voiture.

*

La voiture avait quatre places et je reconnus le parfum aux arômes fruités de Scarlet. Au bout de quelques minutes, il me déposait chez mon amie. Je m'approchais du portail pour sonner quand Davy me rappela :

  • Eh, Mila ! Tu sais pas où je pourrais trouver Scarlet ?

  • Dans mon cul, au fond à droite ! je répondis aussi poliment qu'il le méritait.

  • Et, au fait, merci pour le trajet, hein !

  • Ouais, de rien. Et, au fait, je m'appelle Ludmila. Mila, c'est pour les intimes.

Pour montrer son énervement, Davy partit en faisant vrombir son moteur.

La porte d'entrée de la maison de mon amie s'ouvrit, et c'est un Nikos en pyjama qui vint m'ouvrir.

  • C'est qui ? demanda t-il depuis le perron.

  • C'est moi, je répondis intelligemment.

Cela pris quelques secondes avant qu'il reconnaisse ma voix et qu'il vienne ouvrir le portail.

  • Que fais-tu ici à une heure si matinale, chère amie de ma frangine ? demanda t-il.

  • Je suis venue voir Krystal.

  • Je m'en doute. Tu n'es pas venue pour me voir. Elle dort.

  • Pourquoi pas ?

Nikos bailla à s'en décrocher la mâchoire et referma le portail derrière moi. Une fois dans la maison, il me proposa un jus d'orange.

  • Si c'est toi qui le presse, je suis pour, lui ai-je dis.

A mon grand étonnement, il sortit un presseur et me prépara un verre.

  • Eh bien ! Quelle mouche t'a piqué, Nikos ?

  • Hein ? grogna t-il en me donnant le verre.

  • Pour que tu sois aussi serviable.

Il fit quelques bruits ressemblant au grognement d'un cochon et se dirigea vers le salon. Je finissais mon jus pressé avec amour et le suivais. Grâce à ma grande adresse, je me pris les pieds dans un sac abandonné dans un couloir. Nikos se précipita vers le sac et le ramassa.

  • Pauvre sac, j'aurais pu lui faire mal, lui ai-je dis.

  • Tu pourrais faire attention.

  • Si tu allumais la lumière, aussi.

  • Tu as déjà ma présence, ne m'en demande pas plus, me dit-il d'un air sérieux en rentrant dans sa chambre avec le sac dans ses bras. .

Euh...

  • Ah ah ! Un instant, j'ai cru que tu étais sérieux ! je lui ai dis.

Nikos me regarda comme si j'étais un insecte minable.

  • Mais je suis sérieux, Ludmila, il a répondu en claquant la porte de sa chambre.

Bon. D'accord.

Je me suis dirigée vers la chambre de mon amie. J'ai ouvert sans toquer et je suis allée m'asseoir sur la descente de son lit. Krystal a sursauté.

  • Qui êtes-vous ?!? elle a murmuré. Sortez, j'ai un flingue sous mon oreiller !

  • Relax, Max ! C'est moi. Dis donc, vous êtes du genre nerveux, dans la famille !

  • Oh ! a fait Krystal.

  • Eh beh, je savais pas que t'avais un flingue.

  • Ah. Euh. Je disais ça pour te faire peur.

  • Vraiment ?

Il y eut un grand silence.

  • Ouais, elle m'a dit avec un sourire hypocrite.

  • Meuf, on se connaît depuis la maternelle. Tu sais, quand j'étais nouvelle et que les autres avaient peur de moi à cause des rumeurs sur ma mère ?

Krystal m'a regardé en fronçant les sourcils.

  • Ouais ? elle a dit d'un ton indécis.

  • Tu es venue vers moi. Tu m'as dit que tu n'avais pas peur. Tu m'as racontée pour ta mère à toi. Ce jour là, on est devenues inséparables.

  • Où veux-tu en venir ?

  • Tu peux tout me dire, Krys.

Elle s'est subitement redressée puis elle m'a regardée droit dans les yeux.

  • Mila. Tu sais tout de moi. (elle a marqué une pause.) Je ne te cache rien. Tu ne me crois plus ?

  • Bien sûr que je te crois. C'est juste que t'étais zarb.

  • Je suis normale. C'est toi qui te pointe chez moi à huit heures un samedi matin.

Je me suis levée à mon tour.

  • Tu as un problème, Krystal ?

  • Oui, et mon problème c'est toi.

Gros silence.

  • Très bien, ai-je dis calmement. Dans ce cas, je m'en vais.

Je l'ai regardé.

  • Je m'en vais, ai-je répété.

Je me suis dirigée vers la porte. Je me suis retournée.

  • Voila. Maintenant, je pars.

  • Ben pars. Je ne te retiens pas.

  • Oui, je m'en vais.

  • Je ne te raccompagne pas.

J'ai attendu quelques secondes.

  • Tu n'as rien d'autre à me dire ? Parce que si je pars, je reviens pas, je lui ai dis.

  • N'oublie pas de bien claquer la porte en partant. Sinon, le verrou ne descend pas, elle m'a répondu.

J'ai pris mon air le plus hautain. Puis je suis sortie sans fermer la porte. Je sais que Krystal déteste quand on oublie de fermer la porte. Je suis allée dans la cuisine et je me suis servie un verre de coca trouvé dans le frigo.

  • Fais comme chez toi, surtout ! a fait une voix masculine.

J'ai sursauté. Un beau gosse brun en robe de chambre me regardait. Un beau gosse arrogant. Parce qu'il sait qu'il est beau et il en profite. Je vous présente Mika, le frère aîné de Krystal

  • Je vais pas me gêner non plus.

  • Tu viens de te disputer avec ma sœur, Ludmila ?

  • Tu nous espionne, Mikael ?

  • Et ça te dérange ? Je suis ici chez moi, j'écoute et je regarde ce que je veux car c'est mon territoire. Et il se trouve que tu es sur mon territoire, Ludmila Fernando.

Tout le monde veut que je parte, aujourd'hui !

  • Pas de problème, Mikael Strauss. Je comptais partir.

  • Je ne te demande pas de partir, m'a t-il dit d'une voix plus douce.

  • C'est ce que j'ai cru comprendre.

Il s'est mis à rigoler.

  • Je te demande juste de t'éloigner de moi le plus loin possible car je ne supporte pas de te voir.

  • Ah bon ? Avant que je m'éloigne, comme tu me le demande si gentiment, je voudrais une photo de toi.

  • Hin hin, a t-il fait en fronçant les sourcils. Et tu veux un autographe dessus ?

  • Comme tu veux. C'est pour mettre dans mon album de crétins.

Je lui ai vidé mon coca sur la tête puis je me suis éloignée. J'ai repris mon air de princesse pour rester digne. Et je me suis pris les pieds dans le tapis.



Chapitre 3

Je me suis réveillée au son d'une voix masculine tout à fait charmante. La première chose que j'ai vu en ouvrant les yeux était une main bronzée tendue vers moi.

  • Tout va bien ? a fait la voix.

Je me suis frotté le crâne. J'ai pris la main pour me lever et je me suis retrouvée face à Mikael. Tout de suite, je l'ai lâchée comme si elle était en feu.

Il m'a regardée en faisant un rictus. Je me suis époussetée.

  • La prochaine fois, il m'a dit, quand tu veux réussir ta sortie, évite de tomber.

  • Très bon conseil.

  • Tu es bizarre, comme fille, Ludmila.

  • J'ai dû mal à suivre. C'est censé être un compliment ?

  • Tu avais déjà lancé la même réplique à mon frère, je crois. Et à tes ex.

  • Ah oui ? Hem, tu me suis ou quoi ?

  • Pourquoi perdre mon temps à te suivre, si on a une petite sœur qui raconte tout ce que tu fait à ses amies dans sa chambre ? On entend tout depuis la mienne.

  • Pardon ? A qui ?

  • Même qu'elle rigole quand elles parlent de toi.

  • Quoi ? Qui ? Quand ?

  • Ouh la ! Calme-toi. J'en sais rien, je les écoute pas, je les entend, m'a t-il dit d'un air complice (d'autant plus qu'il chuchotait).

  • Krystal parle dans mon dos ?

  • Euh... Je suis pas sûr qu'elle accepterait que je t'en parle. Tu sais, elle a dit qu'elle ne te supportait pas et que c'était fatiguant de faire semblant avec toi. Je crois aussi qu'elle se marrait en regardant des photos de toi. Elle dit que tes cheveux sont plats et que tu finiras comme ta mère.

Belle mentalité !

  • Oui, moi non plus je crois pas que ça lui plairait que tu me dises qu'elle pense que mes cheveux sont plats et que je finirais comme ma mère.

  • Mais comment sais-tu tout cela ?

  • Tu es débile ou tu le fais exprès ?

  • Ne répond pas à mes questions par des questions.

  • Ne me dis pas ce que je dois faire.

On s'est fusillés mutuellement du regard. Il avait le même air que Krystal, tout à l'heure.

  • Je ne fais que passer. Tu es encore là, Mila ?

Je me suis retournée et j'ai vu Nikos qui nous regardait.

  • Je ne vous dérange pas plus longtemps, a t-il fait.

Il a prit un paquet de chips et il est partit.